dimanche 6 novembre 2016

Sur La Route d'Udaïpur - La Sultane de Saba



La marque emblématique des soins de beauté et de bien-être à l'orientale, avec ses senteurs que l'on imagine embaumant les voluptueuses résidentes du palais des Mille et Une Nuits, a lancé une nouvelle fragrance.

Sur la route d'Udaïpur nous mène en Inde, sur les rives d'un lac du Rajasthan...

L'eau de parfum est décrite comme un "musc , encens, vanille". Si deux de ces trois notes ressortent particulièrement bien dans cette fragrance (la vanille et le musc notamment, car à mon nez l'encens est d'une discrétion absolue) c'est une quatrième invitée, plutôt inattendue, qui brille de tous ses feux dans cette mise en scène olfactive toute orientale.
Il s'agit en l’occurrence d'une remarquable note d’héliotrope, qui à mon sens, est la vedette de cette jolie senteur séduisante et  réconfortante.
En effet  ici, l’héliotrope  confère de subtils arômes de cerise amarena et d'amande amère à la composition. (Ce qui n'est pas sans me rappeler certains aspects du vénérable Rahat Loukoum de Serge Lutens). Toutefois, Sur la route d'Udaïpur se garde bien de jouer le jeu du dessert oriental. Au fil des minutes,  la facette héliothropée  "s'assèche" ,  se poudre un peu et me fait alors penser à... l'Heliothrope d'Etro.
La senteur est calibrée comme beaucoup d'orientaux avec un départ frais coloré d'un gingembre musqué, puis elle n'en finit plus de s'arrondir avant de finir sa course sur un fond ambré, baumé et vanillé.
L'héliotrope affine, élève et  distingue  la composition de Vanessa Sitbon de celles un peu lourdes qui pourraient s'en rapprocher.
L'ensemble est  duveteux et confortable, un peu comme  un lainage de qualité. Gageons que ce parfum réchauffe les âmes frileuses en ces saisons de frimas.
Le flacon a su me séduire avec son élégance, sa sérigraphie,  et le paradoxe de ses formes : A la fois rectangulaire et courbe. Il fallait y penser!

Sillage et projection: Bonne
Tenue: Bonne
Saison: De préférence automne et hiver
Nocturne ou diurne: Les deux
Genre: Mixte

L'eau de parfum 100 ml: 79 euros. (Sur Lanaika.com par exemple)
NB: Cette eau de parfum se décline également en une version plus légère de "brume parfumée hydratante" pour le corps, les cheveux ou même vos draps....

mercredi 20 avril 2016

ANGEL MUSE, Thierry Mugler

Carnet Rose: L'archange Angel, messager céleste dans l'univers de la parfumerie moderne, a donné tout récemment "lumière" à Angel Muse.
Quel bijou que ce dernier-né des parfums Thierry Mugler! 
A l'image du ravissant flacon, à la forme ovale et lisse, aux joues et jus rosis, Angel Muse incarne la tendresse gourmande.
Je vaporise. La brume est fine et diffuse très gracieusement des notes qui rappellent, dans un flou Hamiltonien, celles d'Angel. En l'espace de quelques secondes, c'est toute la belle nature d'Angel, gourmand de caractère, qui se développe. On entend sa voix dans un écho qui ricoche sur les parois de nos mémoires.
Au gré des minutes, une note un peu verte et boisée, joue à cache-cache avec celle onctueuse, d'une crème fouettée saupoudrée de fève tonka. Serait-ce là, la fameuse note de vétiver sur laquelle s'appuie la composition de Quentin Bisch (Givaudan) et qui, enjouée, s'amuse autour d'une crème subtilement sucrée et aérienne? 
Je jubile, car je parviens même à déceler une infime note salée qui me convainc tout à fait de mon affection pour ce bambin!
Je laisse passer le temps, et il m'arrive de surprendre au détour d'un de mes gestes, la délicatesse enfantine de l'odeur d'une dragée. Amande ou noisette et sucre fondu, aux tons pastel. 
La clepsydre se vide et sur ma peau, s'allongent une vanille qui babille, un patchouli en berceuse et cette dragée qui gazouille ...
Sa longévité sur la peau est impressionnante. 

Quel bonheur.
Angel Muse a le sourire de son père. Les rugosités et éventuelles âpretés paternelles ont été gommées et arrondies pour n'en laisser qu'onctuosité et délicatesse. Angel Muse est léger, aérien et gourmand. 
Si bien que même les insoumises à Angel (celles qui dénonçaient sa force, son tempérament de feu, son patchouli; qui maudissaient son omniprésence) sauront apprécier, gageons-le, le chérubin nimbé de lumière et de succulente finesse.
Je me figure déjà les "discours" désignant cette eau de parfum à une clientèle jeune (les filles de celles qui ont porté Angel). Ha Ha! (Je ris...) ! Et bien moi je rêve d'une arrière grand-mère qui porterait très (in)dignement Angel Muse! Les odeurs n'ont pas d'âge. Portez ce qui vous plait. S'il vous plait. 



Tête: Baies roses, pamplemousse. 
Coeur: Crème de noisette. 
Fond: Vétiver, patchouli. 

Angel Muse existe en flacon vaporisateur ressourçable de 30ml et 50ml.


(PS: I hate la pub, but I love Angel Muse.) 

mercredi 9 septembre 2015

Noir Exquis, L'Artisan Parfumeur

(Traduit de l'anglais. Approximativement...)


-Voyons, George, n'insistez pas. D'une, vous n'êtes pas mon genre d'homme, et de deux, il est tard et un N'est-ce-pré-saut à cette heure, m'empêcherait de plonger dans un sommeil profond et réparateur. En revanche, si vous le voulez bien, promenons-nous un peu dans les ruelles aussi pavées de bonnes intentions que... charmantes. J'ai là dans mon sac à main , une petite fiole, remplie du tout dernier nectar signé Bertrand Duchaufour chez l'Artisan Parfumeur. Vous connaissez cette maison de parfums, n'est-ce pas? Oui. Bien entendu, où avais-je la tête?
Vous ne trouvez pas qu'il fait frais? Oh. Merci, votre gilet? Je veux bien.
Fraîcheur, disions-nous? L'instant est donc idéal pour que je demande votre main. Non, votre poignet plutôt. Son nom est "Noir Exquis"! Mais si! Oh George, je ne plaisante pas! Je vous assure que... Non. Sentez plutôt. Ha ha! Je vois et devine que cette entrée en matière aiguise vos sens. Votre regard brille fort! "Profond", "Ambré", "Ténébreux", me dites-vous?  J' acquiesce et abonde dans votre sens.
L'absolu de café est le fil conducteur de cette eau de parfum. Un café intense, originaire du Brésil, à peine sucré d'une larme de sirop d'érable. Oui, je vous écoute, dites m'en plus?! Une autre note gourmande peut-être? Mais oui, vous avez raison George! Il y a ce léger souffle de marron glacé qui s'évapore en douceur. Mais dites-moi, Monsieur C., vous aimez? En tout cas, il semble vous plaire!
Les clapotis du lac, me font penser aux derniers coups de minuit et il me faut prendre congé de vous George. Comment?! Vous ne comprenez pas?! Ah c'est un peu fort de café! Oh attendez, juste avant de vous quitter: Avez-vous remarqué ces accents un peu poudrés d' héliotrope et de santal qui se déploient lorsque vous me saluez nonchalamment de la main? Exquis, vous sentez délicieusement bon. Il se fait tard, votre bien-aimée vous attend et mon époux s'impatiente. Bon, entendu, allez...soyons fous, oui, je vous autorise à déposer une bisette sur ma joue! "What else?" !?  Pourquoi me demandez-vous cela? Je ne sais pas !? Je vous rends votre gilet et bonne nuitée! ...



« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. » Of course.... Ouatelse! ^^

vendredi 8 mai 2015

Mes Essentiels (trois ans plus tard)

En avril 2012,  je publiais un billet sur mes essentiels en matière de parfums. Qu'en est-il trois années plus tard? L'impermanence...encore. Tout change, sans cesse, plus ou moins rapidement. J'en arrive à un point aujourd'hui où il me  semble pouvoir à nouveau éditer une "liste" d'essentiels.
Je la livre ici, (car où sinon? :-) )

1- Alien, Thierry Mugler
2- Iris Nobile, Acqua di Parma
3- Velvet Orchid, Tom Ford
4- Femme de Rochas
5- Louanges Profanes, Parfumerie Générale
6- Vanille Sauvage de Madagascar, La Maison de la Vanille
7- Coco de Chanel, (l'hiver seulement.)

Bien entendu,  il y en a cent autres qui ont toute mon admiration, mais ceux-là sont mes favoris au long cours...Et...s'il ne devait en  rester qu'un? Oulaaah...Euh.... Non. ^^

Et vous? Quels sont vos essentiels? Les mêmes? De nouveaux? Un ou 20 flacons?


samedi 2 mai 2015

Gardénia, de Chanel

Le bonheur est une blancheur fragile, délicate. Lorsque la vie nous offre ses plus beaux jours, les parfums en deviennent les ambassadeurs. Ne trouvez-vous pas?
Il y a deux semaines de cela, j'ai eu le plaisir de respirer le Gardénia de Chanel. Un parfum infiniment lumineux. Est-ce là un soliflore à l'odeur du gardénia? De cette fleur charnue, blanche, qui foisonne, étourdissante et sucrée en été, dans les buissons du sud la Floride? Non.
Le Gardénia de Chanel, flirte avec son concept olfactif, sans jamais oser imiter le parfum de la fleur aux accents parfois trop riches et envahissants.
Issu de la collection des Exclusifs de Chanel, l’élégance et la sobriété sont de mise.
D'emblée, un jaillissement de fleurs blanches (jasmin, fleurs d'oranger, tubéreuse) et de tiges vertes juteuses et craquantes envahit de sa fraîcheur, l'espace vaporisé.
Sur l'épiderme, les pétales se posent, la vive sève se tempère et s'arrondit sous l'effet de la chaleur de la peau. L'ensemble évolue de façon plus tamisée, sans pâlir pour autant.
Une note fruitée de prunes jaunes naît alors et confère une touche supplémentaire de couleur à l'initiale toile verte et blanche. L'équilibre est maintenu, et au moindre souffle sur la peau ou l'étoffe, on retrouve l'éclat des pétales blancs, les feuilles froissées, et le doux nectar d'une prune mûre.
Le mimosa, la vanille et les muscs blancs apportent aux notes finales, un tour à la fois subtilement crémeux et poudré.

Les clichés ont la vie longue, et je me permets, à juste titre, d'en user ici.  Gardénia de Chanel est à mon sens, le parfum idéal des journées d'exception. Il pourrait être:  Le bouquet de la mariée ou la bague de fiançailles plongée au fond d'une coupe de champagne! Le sourire d'un nouveau-né; Celui radieux et retenu de l'être enfin retrouvé. Le parfum des cœurs ensoleillés. Hommes ou femmes, la mixité lui sied à merveille.

Sa tenue est bonne (environ 4 heures sur ma peau). Son sillage est honorable. Gardénia a été imaginé et créé pour mademoiselle Chanel, par Ernest Beaux en 1925. Plus tard (1983), Jacques Polge reprend la formule et la modernise quelque peu avec toute l'expertise et le talent qu'on lui connait. Le parfum rejoint la collection des Exclusifs en 2007.

Gardénia de Chanel, "le bonheur de cette fragrance est une lumière qui nous berce doucement".


lundi 23 mars 2015

Olfactorama 2015

Oyez, oyez, braves gens, damoiselles et damoiseaux; amoureux du parfum, baroudeurs de l'odeur, dingos du vapo! Réjouissez-vous, car l'Olfactorama 2015 distille un parfum de victoires depuis début mars!
En effet, l'Olfactorama, ses organisateurs érudits (mais non moins malicieux), et l'inflexible jury récompenseront cette année encore, des créations parfumées rivalisant de maestria et d'inventivité. J'ai l'immense plaisir d'être invitée à faire partie du jury de cette édition.
Cette année, les organisateurs ont pimenté nos sens par leurs choix subtils et avertis, sans omettre de nous taquiner aussi, via un nouveau principe: Les tests et choix du jury se font à l'aveugle!
Six catégories de parfums comprenant chacune cinq fragrances (+ une sélection de bougies parfumées) à découvrir et à "juger" .
Je vous laisse deviner les effets de surprises et le plaisir suscité par ce petit jeu de colin-maillard olfactif!
Chers et honorables membres du jury, vous surprenez-vous entrain de sautiller, gambader et guillerets, à lâcher quelques:
* "Ahh je l'ai reconnu celui-ci..."
* "Ooh, celui-ci me dit quelque chose, mais ah zut, je ne me souviens plus!"
* Ou encore "Hmm il est rond et doux comme il faut celui-là, je l'aime beaucoup !" ?
Bien! Je ne suis pas la seule! ... Et  nos perruques poudrées d'austérité, de virevolter dans les airs primesautiers!
Ah qu'il est doux de faire quelques pas en arrière! Je m'amuse comme une fillette, mais je vous promets de garder mon sérieux...(Oui-oui, rassurez-vous. Je sais faire. ;-)  )

En attendant, vous pouvez suivre les actualités de l'Olfactorama ici :Olfactorama  ET SURTOUT ici : http://www.olfactorama.fr/



mardi 24 février 2015

50 nuances de vanilles (au moins...)

- Vanille!
- Va! Nie, et reviens
- Non, je ne le puis! (Tragédie cornélienne). J'AIME la vanille! Oui, fille (vieillie) à la vanille, je suis! La douce épice me prend par les sentiments et les narines plusieurs fois par an.
Ce terrible attrait qui me fait ramper et, dans mes heures de pleine lune, feuler de convoitise, est régulier et remonte à des temps... immémoriaux.
Après avoir pris avis auprès de mes élégantes camarades parfumées, amies plus ou moins vanillées elles aussi, j'ai pris la mesure de la pléthore de vanilles (traitées de manière soliflore ou "soliépice"?  ) qui existent sur le marché. A chacun sa vanille!
Il y a les vanilles un peu ivres de rhum, les vanilles sèches et sévères, les vanilles vêtues de fleurs, de muscs, les vanilles timides, les vanilles braillardes, les vanilles sombres, épicées, les diaphanes, les entêtantes, les sensuelles, les murmurantes, les gourmandes, les ambrées, les boisées,...Ahhh de quoi étourdir un(e) vanillophile (oui, j'aime les néologismes.) . Je les veux toutes! 
Plus raisonnablement, j'ai porté mon choix sur la Maison de la Vanille, dont j'appréciais déjà depuis fort longtemps la Vanille Noire du Mexique ainsi que la Divine des Tropiques, et qui propose cinq Vanilles du Monde dans un petit coffret. Il me fallait connaitre les sœurettes aux petits noms alléchants. ( La Fleurie de Tahiti, La Givrée des Antilles, et la Sauvage de Madagascar).
Voici donc, en quelques termes que j'espère suffisamment éloquents, mes impressions sur ces 5 vanilles:

De celle que j'aime le moins à ma préférée:

1- La Fleurie de Tahiti: Une vanille douce mais trop aigrelette à mon goût. Une sorte de note un peu fruitée/ bonbon-collier donne à l'ensemble un tour un peu "cheap"... vraiment pas terrible.

2- La Givrée des Antilles: Vous aimez Angel? En voici un bon dupe parfumé! Un Angel toutefois moins porté sur le patchouli que sur la vanille. Je passe mon tour.

3- La Divine des Tropiques: Celle-ci me fait de l'effet! Une vanille lumineuse, fondue avec de subtiles notes de tubéreuse et de gardénia. Son caractère aérien m'est très agréable aux beaux jours. 

4-5 Ex æquo: La Sauvage de Madagascar et La Noire du Mexique: Elle sont merveilleuses l'une comme l'autre; La sauvage de Madagascar est assez sombre et très équilibrée avec ses notes légères de lavande, de bergamote et de santal. La Noire du Mexique: Sa réputation n'est plus à faire et je trouve de façon concise, qu'avec cette vanille on bascule sans ambages dans les notes de fond de Shalimar. Tout simplement. 

Les notes et les accords secondaires restent toutefois très en marge de celle centrale et commune aux 5 eaux de toilette, la vanille. Ce sont juste d'assez subtiles et ténues nuances.

D'autres vanilles qui me font chavirer, la Vanille Extrême du Comptoir Sud Pacifique, une crème pâtissière riche, tellement gourmande, qu'on se roulerait dedans! 
La Vanille de Réminiscence: Joliment travaillée, ourlée de muscs blancs.

La liste est longue et chacun ses vanilles...



dimanche 16 novembre 2014

L'Hôte Aulne....


J'y reviens toujours. Depuis si longtemps. Ce nocturne de Chopin s'engouffre chaque année au cœur de ma mélancolie saisonnière. Il m'annonce sa visite annuelle lorsque les feuillages rougissent et que la pluie ruisselle, alanguie, sur les carreaux des fenêtres. Délicat, sentimental et pondéré, il m'accompagne les jours de bruine et les nuits de lune.
Contemplative, je l'accueille et m'enivre de son ineffable beauté avant son prochain départ, d'ores et déjà  annoncé...

Et s'il était un parfum? Bois et musc de Serge Lutens. 

vendredi 8 août 2014

Velvet Orchid, Tom Ford

Ce jour-là, c'était comme si  mon odorat se réconciliait enfin avec le mot "Envie".

Un pays étranger, une ruelle bondée de monde, une parfumerie. J'entre, je musarde, et découvre enfin l'élégant flacon et sa couleur qui relève de l'obscurité, un violet nocturne. Il s'agit de Velvet Orchid, la toute dernière création des parfums Tom Ford. J'ai toujours été sensible aux parfums de cette marque, seuls les prix (exorbitants) des flacons m'ont dissuadée de franchir le(s) pas. Nonobstant, la ligne plus abordable de ses parfums (tels que Black Orchid, Violet Blond, White Patchouli) n'est pas en reste sur le plan de la qualité olfactive. Les parfums Tom Ford ont du mordant, du chien, de la gueule! C'est du lourd. Pas de controverse à ce sujet.
J'ai trouvé en Velvet Orchid,  la parfaite synthèse de tout ce que j'apprécie dans un parfum. Un fleuri-oriental moderne, suave, hyper équilibré, et fichtrement sexy! Oui-oui! C'est dit! "Moi, si j'étais un homme", je ne résisterais pas à l'envie de humer ces notes à longueur de temps! (Fût-ce sur la grimaçante et convulsive Miley Cyrus...C'est dire!!!...Ciel...)
Quand j'écris "sexy", j'aimerais que vous fassiez abstraction de ce concept galvaudé à l'extrême, bling-bling, siliconé, et sans âme. Ce Velvet Orchid, c'est de l'affriolant oui, mais ultra-féminin, feutré, mystérieux. Un parfum en stilettos certes, mais qui nous fait l'économie de toute forme de vulgarité et de toutes ces notes trop fruitées, trop solaires, trop sucrées. L'adverbe "trop" n'a pas sa place dans la conception de ce jus dont la force réside dans le bel équilibre. Aucune note ne prend le dessus. C'est un parfait "fondu enchainé"  qui se déploie dès le premier instant et jusqu'à ce que ses dernières notes ne s'essoufflent.

Son sillage et sa projection sont très honorables. La tenue est bonne aussi, 5 heures en moyenne.

La suite? Après l'avoir essayé et reniflé sur mon avant-bras, toute une après-midi durant; j'ai repris le chemin de ce pays étranger, de la ruelle bondée de monde, de la parfumerie, et j'en suis ressortie avec un flacon de Velvet Orchid.

Enfin, voici les notes coupables de mon étourdissement et de mon admiration inconditionnelle: elles parlent d'elles-mêmes. Inutile d'entrer dans des descriptions hasardeuses.

En tête: Bergamote, mandarine, absolu succan (extrait de rhum purifié) et miel
Au Coeur: Un accord de ce qui représenterait une orchidée noire (signature TomFordienne)  mêlé à des notes d'orchidée velours, avec de l'huile de rose de Turquie, de jasmin et de nouveaux accords d'orchidées pourpres qui poussent dans le sud de la côte brésilienne. S'y joignent aussi des notes florales de fleurs d'oranger, d' absolu de rose, de narcisse, de jacinthe et d'heliotrope.
Dans le fond: Baume du Pérou, myrrhe, labdanum, santal, cuir doux, et vanille.

Voilà-voilà... ^^

-Disponible en France, à partir de fin août 2014-

mercredi 30 juillet 2014

TAG, blogueurs parfums.



Ton premier souvenir parfumé?  : Une eau de cologne légèrement chyprée que portait ma grand-mère. 

Quel était ton premier achat de parfum? : Mandarine, d'Yves Rocher, à 11 ans. 

Quel était ton premier achat parfum de niche? : Jasmin de Nuit, The Different Company 

Ton premier achat parfum à l'aveugle? : Désolée, je n 'achète jamais de parfum sans y avoir mis le nez au moins trois fois. 

Ton meilleur achat parfum à l'aveugle? : Celui que je n'ai jamais fait! 

Ton pire achat parfum à l'aveugle? : ...Hein?...Quoi? 

Quelles sont tes notes préférées dans les parfums? : Le do, le ré, le mi, en majeur ou en mineur, mais aussi la fleur d'oranger, la violette, le jasmin, la vanille, le baume du Pérou, le patchouli, l'opopanax... 

Quelle est ta maison de parfums préférée? : Tom Ford, Mugler, Chanel, Parfumerie Générale, L'Artisan Parfumeur. 

Quel parfum te décrit le mieux? : Ceux que je porte le plus souvent.

Quel est ton parfum préféré? : Velvet Orchid Tom Ford/ Alien Thierry Mugler/ Coco Chanel/ Louanges Profanes PG 


Quelles sont tes objectifs en matière de parfums? : J'en ai de moins en  moins...J'ai trouvé ceux que j'aime.



A votre tour, sur vos blogs, ici, ou ailleurs.

lundi 26 mai 2014

Les parfums et le perfide coup de vieux!



Avertissement : Sujet d'une futilité déconcertante, mais bon...

Il y a le Temps qui, naturellement, s'inscrit sur nos visages, et qui parfois saupoudre nos phanères, d'une blancheur tenace. Certes, ce ne sont là que quelques ordinaires manifestations de l'âge, accueillies avec plus ou moins de philosophie, en fonction de notre état d'esprit. A ce titre et en ce qui me concerne, je crois pouvoir affirmer avoir pris "un p'tit coup de vieux"! Bim! En pleine poire! Les parfums, ces polissons, me l'ont aimablement fait comprendre. Je m'explique:
 Si j'apprécie toujours hautement ces chefs-d'oeuvre de la parfumerie sur autrui ou à même le flacon, je ne peux plus sentir (piffer) les vieux classiques sur moi! Shalimar, L'Heure Bleue, Mitsouko et Vol de Nuit, me font depuis deux ans, l'effet d'un casque mal ajusté et me donnent l'impression de porter un fardeau! Tout a commencé avec ma passion inopinée mais ô combien avérée pour Alien de Thierry Mugler. Un parfum somme toute "récent", au sillage plutôt "jeune" et à l'allure contemporaine. (Attention, mon propos ne relève en rien du débat: "parfums pour jeunes" vs "parfums pour vieux"; mon opinion à ce sujet étant établie: "Chacun porte ce qui lui plait!").  
 Et pour enfoncer le clou plus encore, me voici depuis peu, happée dans le tourbillon d'une attirance assumée pour Coco Mademoiselle!... "Mademoiselle"... "Mademoiselle"...! Imaginez! :-) (Mais, de grâce, effacez ce petit rictus narquois de votre visage...)

 J'ai bien tenté de me glisser dans mes "antiquités". Senteurs surannées.  Rien à faire! Je ne peux plus! En tout cas pour l'heure, (et cette "heure" dure depuis près de 700 jours).  Curieux. Jeune,  je ne portais que d'illustres parfums qualifiés de "matures" .  A 45 ans, l'espièglerie me gagne de plus belle, et je me complais dans des senteurs visant les "jeun's" ! Oh l'éloquence de ce paradoxe! Oui, l'équation est posée, résolue; la messe est dite! J'ai bel et bien pris un coup de vieux!...Champagne?!

Et vous, quelles sont vos expériences à ce sujet? N'hésitez pas à m'en faire part ici même! Les parfums, la musique, vos goûts vestimentaires, culturels, sont-ils des indicateurs de " p'tits coup de vieux"?  Je serais heureuse de vous lire. ;-)

lundi 13 mai 2013

Flânerie



Je vous propose, si vous le souhaitez, une promenade le long d'une scène tirée d'un film que j'apprécie et qui s'intitule "Le maître de musique".
Le troisième mouvement de la IVème symphonie de Gustav Mahler, au-delà de sa considérable beauté, déroule sa bienveillante sérénité sur les deux personnages, les circonstances et la campagne qui les entoure.
Et tandis que la mélodie de Mahler nous emporte paisiblement, la nature, le chant du merle, le trouble d'une déclaration pure et gracieuse sous une soudaine pluie torrentielle, nous charment tout à fait.
Pour un peu, on sentirait presque s'exhaler les odeurs du sous-bois, de la terre chaude, de la fougère et de l'herbe tiède, sous l'effet de cette averse orageuse. Et si nous nous rapprochions d'eux, improbables spectateurs invisibles... Sentirions-nous alors les effluves d'un iris superbe et délicat mêlé à l'odeur d'un beau cuir un peu usé, émaner du personnage incarné par José van Dam; et de la toilette de la jeune et ravissante demoiselle Sophie, peut-être le  parfum d'un lilas aérien et fragile, à peine éclos?


Voici l'extrait:

mardi 13 novembre 2012

ALIEN (Essence Absolue et Parfum de Cuir)



Je vous révélais, aux prémices de l'été, mon admiration pour un parfum que j'avais longtemps négligé pour d'obscures et obliques raisons: Alien, l'original.
Nous sommes en automne et mon inclination à son endroit demeure intacte.
J'ignorais alors que se préparait dans les coulisses des parfums Thierry Mugler, une entrée fort réussie de deux nouveaux acteurs déclamant des tirades presque semblables à celles d'Alien, 1er.

Alien, Essence Absolue

Si d'ordinaire je me méfie des flankers et autres produits dérivés d'un parfum réussi, j'ai souvent été très agréablement surprise par la qualité des réinterprétations "Mugleriennes".
Alien ayant ma préférence, je me suis tout naturellement dirigée vers Essence Absolue, dés sa sortie en boutique. Bien mal m'en a pris ce jour-là, car le baromètre affichait une pesante température estivale. Ma gorge et mes sinus furent d'emblée pris en otage par une sensation d'overdose poudrée d'héliotrope/iris. Fin de l'expérience pour quelques temps.
Déterminée cependant à ne pas en rester là,  je me soumis dés les premiers assauts de fraîcheur, à une nouvelle tentative. L'essai fut trans-for-mé! (for me). Quelle magnifique déclinaison d'Alien! Tout ce qui dans la version originale pouvait être ressenti comme étant un peu "excessif", "poivré", angulaire, ou mordant, a été ici arrondi, lissé, adouci, galbé.   
A l'image du splendide flacon de verre qui retient ce jus étincelant et ambré, Alien Essence Absolue a gagné en rondeur, en douceur et en profondeur.
Il  distille dés les premières secondes, des notes de jasmin sambac/fleurs d'oranger, poudrées d'une once d'héliotrope et d'iris et perlées d'une minuscule goutte miellée. Un nectar doré. Le temps s'égraine et la fragrance se fait alors plus dense, plus chaleureuse, sous l'effet de la note boisée (Cashmeran) tandis que se déroule un langoureux ruban d'amande douce qui s'étire tout au long du deuxième mouvement. Enfin, le parfum se fond à l'épiderme dans une sensuelle et chaude harmonie d'ambre et de vanille.
Cette réécriture d'Alien par Dominique Ropion est une invitation à la caresse, une incitation au ronronnement, un appel aux douceurs partagées.
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs (oui-oui, "messieurs" parce que je suis convaincue que vous le porterez à merveille, vous aussi! ) si l'automne et l'hiver vous paraissent longs, gris et froids comme des jours sans pitance, n'hésitez pas à fourrer votre nez dans cette affaire! Parole de Jeeks, c'est du pur plaisir...qui dure des heures...

Alien, Essence Absolue, vaporisateur ressourçable en 30 ml, 77 euros.


Alien, Parfum de Cuir

"Hier encore, j'avais 20 ans" ou presque...
 1992. Je ferme les yeux, et se dessinent dans mon esprit, les contours de ce petit pavillon de banlieue d'une grande ville, où pour des raisons de famille recomposée, je passais mes heures de post-adolescente. Là, ça y est! J'y suis, et j'entends ma mère y entrer en fanfare un soir, brandissant avec enthousiasme la désormais mythique étoile bleue d'Angel!
Les éclats de rire de maman et les éclats de praline de son Angel adoré, apaisèrent si souvent mes tourments et incompressibles questionnements sur la vie et ses vicissitudes... Je garde un souvenir ému de cette période, de ce lieu, et Angel leur est directement associé.

20 ans déjà...

Afin de célébrer les 20 années de la marque, Thierry Mugler inaugure, en édition limitée, Les Parfums de Cuir. Chacune de ses célèbres fragrances a été ouvragée afin de mettre en exergue une note de cuir. Le cuir est une matière emblématique dans l'univers de la parfumerie. Il a la capacité d'absorber les parfums mais aussi de les restituer de façon troublante, presque charnelle. Naturellement, Alien fut ma principale préoccupation en cette occasion.
Et je ne suis pas déçue. La construction et la perception globale d'Alien version Cuir se rapprochent d'Essence Absolue. A ceci près, que la nuance fleurie est mise en sourdine au profit d'une touche lactée-crémeuse, et qu'une discrète et élégante note de suède se détache tout au long de l'évolution du parfum. Un cuir souple, fin, clair, discret, plongé dans un bain un peu sirupeux de fruits confits, de pâte d'amande ou de pâtisserie orientale. Le tout est gourmand, lumineux, apaisant, sans perdre une once d'élégance.
Le flacon de 30 ml d'eau de parfum est un ravissement pour l’œil, et il se blottit pour notre plus grand plaisir, dans un adorable petit pochon de cuir blanc.
- Je le veux!
- "Ainsi soit-il!"
- Vous avez entendu?!
(Me croiriez-vous si je vous disais que je suis complètement "Aliénée"...? ;-))

Alien, Parfum de Cuir, eau de parfum, 30 ml, 69 euros.

lundi 22 octobre 2012

TAG: Portrait chinois


Voilà! Je le subodorais! Les soeurs-taggeuses ont encore frappé et m'ont mise en demeure de répondre à ce questionnaire sino-français.
De bonne grâce, j'y consens... ;-)

Si vous étiez une saison : L'été probablement, même si l'automne offre des trésors de beauté, j'y respire parfois trop de mélancolie
Si vous étiez un pays : Un pays imaginaire, coloré, poétique et sans haine
Si vous étiez un lieu : Un lieu souvenir, un lieu refuge
Si vous étiez une planète : Pandora?
Si vous étiez un lieu de vacances : Un petit bout de plage au bord l'Océan Pacifique
Si vous étiez un moyen de transport : Une voiture
Si vous étiez un animal : Un écureuil
Si vous étiez une fleur : Une violette
Si vous étiez un dessert : Un Eton mess
Si vous étiez un plat : La cuisine italienne en général! (mmh-yom-yum!)
Si vous étiez une odeur : Mon parfum
Si vous étiez un bruit : Celui de la brise dans les feuillages
Si vous étiez une couleur : Bleu nuit
Si vous étiez une partie du corps : La courbe d'une épaule
Si vous étiez un instrument : Piano, flute traversière, violoncelle, ça dépend des humeurs....
Si vous étiez un livre : Jane Eyre! What else..?!
Si vous étiez un mot : Mélodie
Si vous étiez un rêve: J'irais m'asseoir sur la lune, à côté du petit garçon pêcheur de DreamWorks...
Si vous étiez une époque : Le 19ème siècle ou les Années 80 (oui il y a un fossé (un abîme!) entre les deux, je sais....)
Si vous étiez un dessin animé :  Spirit, l'étalon des plaines ou http://www.dailymotion.com/video/xad48f_tex-avery-droopy-sherif-adjoint-dep_fun qui me fait pleurer de rire depuis plus de 30 ans!
Si vous étiez un sportif : Booof moi le sport,vous savez...Ma dernière séance d'abdos (plutôt pathétique) date de Véronique et Davina ^^ ...
Si vous étiez un acteur : Tom Hanks ou James McAvoy
Si vous étiez une actrice: Peut-être Rachel Weisz...(EDIT) euff, en fait non: Je sais! : Emma Thompson!
Si vous étiez une chanson : A Groovy kind of Love, Phil Collins  
Si vous étiez une qualité : La douceur
Si vous étiez un défaut : ...Un peu distraite! 
Si vous étiez un mot de la fin: That's all folks!

Si ça vous amuse, n'hésitez pas dans la rubrique commentaire, à y répondre aussi! Je serais ravie de  vous y lire!

mercredi 3 octobre 2012

Parfums d'automne


J'en rêve depuis toujours. Traverser, par une belle journée automnale, les forêts du Connecticut à bord d'une vieille décapotable des années 50 (ou finalement, dans n'importe quelle voiture, pourvu qu'elle soit dotée d'un... moteur -qui fonctionne-).
Les cheveux noués dans un foulard, je respirerais l'air piquant et vif des bois! Mes pupilles se rétracteraient sous l'effet de la lumière rase, leste, et se délecteraient des couleurs de l'automne; toile pointilliste, dorée et pourpre.
Fall. Mon naturel parfois un peu mélancolique pourrait se défier des pièges de cette saison qui annonce la décrépitude, le déclin; préambule à la glace et aux jours atrophiés. Mais il n'en rien, l'automne a des atours qui me séduisent chaque année plus encore. Outre la beauté émouvante de sa lumière scintillante, de ses couleurs chaudes, l'incertitude de ses brouillards et in fine sa nudité tranquille, cette saison porte en elle, mille et une propositions parfumées!
La sagesse de ses températures, la qualité intermédiaire de l'air, invitent à d'autres horizons olfactifs. On peut alors, si on le perçoit ainsi, ranger les eaux fraîches et hespéridées de l'été et les fleurs plus ou moins solaires, au profit de jus aux facettes ambrées, boisées ou épicées sans oublier la sensuelle note de cuir, idéale en cette saison.
Aussi, l'Ambre Précieux chez Maître Parfumeur et Gantier légèrement baumé, possède-t-il un parfait équilibre entre "sec" et "moelleux".  L'Eau d'Ambre chez l'Artisan Parfumeur, aux accents réchauffés de vanille cède à son tour, une radiance proche de l'automne.
Bois de Copaïba, de Parfumerie Générale, un boisé lumineux crépitant sous une pincée d'épices! Cèdre de Serge Lutens offre sans retenue ses arômes de copeaux entremêlés, de cèdre et de cannelle.
Ambre Narguilé d'Hermès est une fête raffinée, le rhum coule et roucoule sur l'ambre et les épices dorées.
Vous aimez les cuirs souples et clairs? Cuir de Lancôme pourrait peut-être vous convaincre!
A vous aussi les plus beaux et séduisants patchoulis! Mes favoris étant le confortable et luxueux Coromandel de Chanel , le très (oui, très) Intrigant Patchouli de Parfumerie Générale, ou l'éthéré Patchouli Patch de l'Artisan Parfumeur.
Ce sont là des exemples qui me touchent personnellement, mais c'est à vous de décider des nuances automnales qui réchaufferont votre intimité.
Quels aspects de l'automne s'adressent le mieux à vous? A quoi êtes-vous sensible pendant cette période  de l'année? Avez-vous l'automne gai ou nostalgique? Qu'aimez-vous déguster en ce beau mois d'octobre? En vous interrogeant sur ces petites questions anodines, vous pourriez définir au plus juste la fragrance qui vous soutiendra pendant la saison mordorée.

Et si...enfin...un bon chocolat chaud, ça vous dit?? Là, tout de suite!! Parce que tout en papotant "parfums", mon antique décapotable vient juste de se garer sur la 59th Street, à côté de Central Park, et brrrr, j'ai un peu froid... J'ai entendu parler d' un endroit sympa où les cheesecakes sont à se damner. On y va?? Ensuite si ça vous tente, on fera un détour chez Bloomingdale's ou Aedes de Venustas, j'ai deux ou trois choses à vous faire sentir! ;-)
... En musique? Just click !



mardi 11 septembre 2012

Dis-moi, Jane Eyre...




Fouler des heures durant, de tes menus pieds, l'immensurable étendue sauvage de la lande écossaise. L'âme noyée dans de crépusculaires et spectrales réminiscences; le cœur suffocant de désirs mais tellement enchaîné par les convenances et les secrets. Le souffle court, haletant, Jane respirais-tu les parfums de l'envahissante bruyère pourrissant sous l'infatigable bruine glacée? Percevais-tu l'odeur minérale humide et froide de la roche noirâtre, comme sépulcrale, sur laquelle résonnait ton pas isolé?
Qui n'a jamais traversé les heures, les mois, les années dans l'attente de la lueur, ne peut saisir le paradoxe des sentiments éprouvés dans le long étirement du temps. Alternance nerveuse d'espoir et de désillusion. Et puis, un jour... 
Jane Eyre, ce jour-là, as-tu pressenti que ton âme sœur était à l'orée de ta vie, quand tu piétinais les feuilles mortes du sous-bois jouxtant Thornfield Hall? Lorsque tu as penché ton visage sur le sien afin de lui offrir ton secours candide, as-tu senti s'exhaler de ses vêtements, l'odeur animale et cuirée de sa monture? Ou peut-être as-tu saisi l'effluve âpre du tabac qui imprégnait sa chemise? Ses cheveux emprisonnaient-ils l'odeur de la terre et des vents amers? As-tu, le ventre meurtri d'émoi, un bref instant, humé la peau vive et palpitante de son cou? Dés lors Jane, as-tu deviné les parfums d'une aube nouvelle?
Si tu étais une fleur Miss Eyre, tu serais, comme beaucoup d'entre nous, une jacinthe des bois. Une parmi des millions d'autres. Humble, petite, fragile, mais "Bluebell" tu as, oui, c'est vrai, un cœur et une âme qui s'élèvent par delà l'ordinaire! Au mois d'avril dernier, je me suis inclinée devant toi et j'ai eu l'audace de te cueillir. Puis je t'ai déposée dans ce vieux livre fidèle, jauni, écorné qui porte ton nom.
A toi, jeune fille! Petite sœur d'âme. Et, surtout à Vous, Charlotte Brontë, dont je bois les mots à longs traits, délices désuets mais ô combien désaltérants.

samedi 25 août 2012

Coco Noir de Chanel


C'est comme pour tout. Les nuances, toujours...

Il y a le noir profond, opaque et impénétrable. Spirale vertigineuse de l'insondable.
Il y a le noir originel, feutré et piqueté d'étoiles d'une nuit d'été au milieu de nulle part. Et puis il  y a  le noir d'une nuit urbaine, un noir moucheté d'éclats artificiels, de crépitements de lumières. Scintillements contemporains. Lueurs humaines répandues chaotiquement sur la sombre pelisse de la nuit.
En respirant Coco Noir, j'espérais trouver la face cachée de mon adoré Coco (l'original). J'ai voulu éprouver la part d'ombre et de ténèbres de ce jus qui m'est si cher. M'immerger dans les abîmes nocturnes de sa douce force. En vain.
Les années 80 sont décidément tout à fait révolues. Car, ...
...Coco Noir offre une perspective résolument actuelle de ce jus!
Son ouverture est  un cocktail chic et tendance, sans adjonction de sucre, fruité de pamplemousse et de bergamote de Calabre. La transition souple, laisse apparaître la densité blanche d'un jasmin rejoint à son tour par la délicate rose et l'incisive feuille de géranium.
La fragrance diffuse un rayonnement vif, un crépitement lumineux, une fraîcheur qui perdure au fil des heures.
Se dessinent alors quelques nuages crémeux à peine beurrés, d'un santal pondéré. Enfin, le patchouli et le musc blanc décident d'entrer dans l'air du soir et en vedettes, ils animent les platines de ce qu'il reste de la nuit. Qu'elle soit parisienne, new-yorkaise ou vénitienne...
Coco Noir à mon sens, est à l'image d'une nuit glamour, citadine et scintillante.
Un beau parfum de jeune femme urbaine, élégante et active.  

Le grand Jacques Polge est le père de ce sillage qui s'inscrit parfaitement dans la mouvance de la parfumerie moderne. Avec en substance, cette touche d'allure, propre à la maison des parfums Chanel. Gageons que Coco Noir vive un succès au moins aussi grand que son cousin (frère?!) Coco Mademoiselle.
Aussi  ne peut-on passer sous silence, l'admirable flacon de verre noir, sublime de sobriété et de raffinement.

Néanmoins, tout  au fond de moi, s'élève une profane prière pour que ce nouvel opus ne soit pas le sombre présage de la disparition du magnifique et unique Coco de Chanel.

...Sait-on jamais...?


Notes de tête: Pamplemousse,bergamote de Calabre
Notes de Coeur: Absolu de Rose, jasmin, narcisse et feuille de géranium
Notes de fond: Fève tonka du Brésil et du Venezuela, patchouli d'Indonésie, santal de Nouvelle-Calédonie, Vanille Bourbon et encens

L'eau de parfum "Coco Noir" est disponible depuis le 17 août 2012. Elle est mise en vente à 92€ (le vaporisateur de 50 ml) et à 132€ (le vaporisateur de 100 ml).

samedi 30 juin 2012

(Sourire un peu...) Confessions d'une nuit d'été.


Espiègle, persiflante, je criais à qui voulait l'entendre: "Fontaine! Je ne boirai pas de ton eau"!

Nourrie de certitudes...
Justes cieux! J'avais tort!
Surprenante créature, tu as déchiré le feuillet de ma conviction, précipité mon étroit décret, vaincu mes résistances!

Brûlant Jasmin qui souffle le froid. D'une seule caresse tu as anéanti ma défiance, attisé mon émoi.
Je me fiche que ton nom soit fantasque; prétentieuse, ta flasque! Sache que je te porterai avec audace. 
Je défendrai ta beauté et tes sidérants oxymores aromatiques, avec ferveur!
Je serai ta sentinelle, ton auxiliaire et ta soeur!

Alien! Couvre-moi d'émerveille...
C'est avec toi que je souhaite passer tout l'été et peut-être tellement plus encore.

(Alien, eau de parfum, Thierry Mugler)

vendredi 22 juin 2012

Coromandel de Chanel


Page blanche, ne me dévisage pas avec ce sourire sardonique! Je vais poser sur toi, que tu le veuilles ou non, des mots qui je l'espère, adouciront la lumière trop vive et railleuse que tu imposes à mes yeux! Laisse-moi, de grâce, te conter la beauté d'un sillage que j'ai découvert il y a peu.
Parmi la pléthore de parfums dont la colonne vertébrale n'est autre que le vénérable patchouli, rares sont ceux qui s'en détachent afin d'exercer sur moi une véritable fascination olfactive.
Coromandel, (en hommage aux somptueux paravents qui ornaient les murs de l'appartement de Mlle Coco Chanel), a été imaginé et ouvragé en 2007 par Jacques Polge et Christopher Sheldrake.

Page blanche, ma meilleure ennemie, dis-moi que tu aimes les chiffres, car je vais compter jusqu'à trois. Rassure-toi, je n'irai pas plus loin.

Un: Coromandel jaillit tel un génie hors de sa lampe et se pose sur mon avant-bras avec la force d'un patchouli légèrement terreux mais délicieusement enrobé de zestes d'oranges et piqueté d'éclats de cannelle.
Deux: En rester là et me laisser pantoise, le regard interrogé? Non! S'en suivent des notes qui prennent un tour moelleux. A cette première vague scintillante, succède, mystique, une onde calme, douce, résineuse et baumée. A ce stade, toute la rugosité caractéristique du patchouli a déjà disparu. N'en demeure que son âme généreuse mais distante.
Trois: Je ne parviens plus à détacher mon nez de mon avant-bras! S'y prélasse une onctueuse et non moins moelleuse conversion du patchouli. Ainsi apparaissent
pour mon plus grand bonheur, des notes gourmandes, mais sans excès, de chocolat au lait, ou peut-être est-ce un chocolat blanc à la saveur affinée?  
Christopher Sheldrake avait déjà travaillé cet accord patchouli/chocolat pour un parfum de Serge Lutens nommé Bornéo 1834, mais je suis restée hermétique à sa fragrance trop sèche et anguleuse à mon goût.
Un peu à l'instar de sa source d'inspiration, Coromandel est lisse, laqué, sombre et revêt un caractère doux et délicat.
Tout au long de son évolution sur mon épiderme, j'y décèle les plus belles et nobles matières. Aucune fausse note, aucune aspérité, rien ne trouble l'équilibre installé. Elégance feutrée, saveur suave et confort sont sa signature.
Sa tenue est idéale sur la peau et remarquable sur les vêtements!
Un joyau à porter de préférence par temps frais ou froid, pour un effet enveloppant des plus consolateurs.
Une fourrure olfactive, qu'il vous faudra, si comme moi vous succombez, vous offrir dans les boutiques Chanel, exclusivement.

Page blanche, oui je sais, je t'ai un peu noircie, mais...que dis-tu? Comment? En contrepartie, tu me demandes de choisir une unique maison de parfums qui a ma préférence?! Une seule?! Ô cruelle!
Entendu...Alors approche, et écoute ce murmure : "Chanel". Un jour, je te dirai pourquoi. ;-)



Quelques notes :
Encens, Benjoin, Ambre et notes Boisées

mercredi 20 juin 2012

Pourquoi les parfums? Pourquoi ce blog?

Peut-être parce qu'en l'espace d'une fraction de seconde, un parfum est susceptible de me faire voyager.
Naviguer dans le temps. Celui qui fut. Celui qui n'est pas encore, mais auquel je me surprends à rêver.
Vagabonder dans l'espace. Celui qui s'offre à mes yeux. Celui de la toile que me suggère sa senteur.
Peut-être aussi parce qu'il mord l'absence, et qu'il élève certaines vacuités. Parce que bavard, il me raconte ses légendes, ses fables enchanteresses, et que je suis restée une toute petite fille impressionnable, sensible à son langage fascinant.
Parce que les heures lui imposent le chuchotement, puis le silence. Mutisme serein et bienveillant  que je savoure tout autant.
Parce qu'à l'instar de l'âme d'une personne, il ne se voit pas mais se sent, se ressent...

Ce blog, je l'ai créé comme une longue lettre ouverte à qui voudra la lire. J'y  dépose ça et là quelques souvenirs, mes coups de coeurs anciens et récents. Collection de nuages aux formes naïves, trouvés au fil de mes promenades sur les sentiers de ma vie parfumée.

Bien à vous,

Jeeks.

NB:  Et aussi, parce que Hmmm! Trop bon!... et Pouah! ou Beurk! Ca ne suffit pas toujours ;-)

mercredi 16 mai 2012

Séville à l'Aube, L'Artisan Parfumeur


Je suis amoureuse de la fleur d'oranger. De celle que je respire à même l'arbrisseau en la clémente saison. De celle qu'il m'arrive de percevoir subrepticement à certains degrés de l'évolution d'une eau de  toilette. De celle qui exhale, plus étourdissante encore, dans mon imaginaire.
Toujours je l'ai désirée fraîche et mutine s'évanouissant dans l'ombre voluptueuse. De ce floral paradoxe, je saisissais les beaux effets avec Fleurs d'Oranger de Serge Lutens, mais le glissement charnel et lascif, se réalisait trop vite parfois, sans prélude.

Furtivement, j'ai  respiré Séville à L'Aube. Une mise en scène olfactive, réalisée par Bertrand Duchaufour et fondée sur le doux souvenir de l'ébauche d'une histoire d'amour brève, entre Denyse Beaulieu et un bel hidalgo, sur fond d'Andalousie et de procession religieuse.

Fraîcheur de l'aube. Exquises et  inattendues, les notes de tête! Zestées, jaillissantes, végétales!  Avez-vous déjà froissé et humé la feuille verte et luisante d'un oranger en fleurs? Dés la première pulvérisation, vous y êtes! Et ce geste, croyez-moi, vous l'accomplissez, un sourire ému aux lèvres, un parfum de félicité accroché au coeur!
Le charme d'un premier regard appuyé. Un clin d'oeil malicieux!

Sensuelles, les notes de coeur. A l'horizon, le soleil se lève un peu plus encore, réchauffe la terre et les quelques bouquets charnus de lavande qui tapissent le sol. Les parfums s'entremêlent, la lumière s'épaissit et la fleur d'oranger se dénude, impudique. Epicurienne. L'accord riche, indolique et languide du jasmin, d'une pointe de cire d'abeille et de la fleur d'oranger, se pare de la douceur à peine vanillée du benjoin de Siam.
Les mains se frôlent. Baisers volés, jamais rendus...

Romantiques, les notes de fonds. Quelques nuages bleutés aux contours imprécis flottent dans les airs. La fleur d'oranger, muse du parfum, se drape d'un voile mauve et mélancolique de lavande Luiseiri de Séville et transparaît derrière les volutes spirituelles et tièdes d'un encens de Somalie.
Il faut se quitter. Demeure la mélodie lointaine d'une souvenance heureuse, d'autant plus belle que fragile et fugace...
            
Gageons que Séville à l'Aube connaîtra  dés fin juillet (date de sa sortie dans les boutiques) tout le succès qu'elle mérite! Un soliflore émouvant, vibrant, frais, doux et sensuel. Une fleur d'oranger accomplie et vraie.

Le sillage de ce parfum est audacieux et sa tenue remarquable, son seul "défaut" résidant dans ces deux mots: Edition Limitée.

mardi 24 avril 2012

"Mes essentiels, essences ciel"....

Sur une idée du blog Le critique de Parfum, que je vous recommande de visiter.

En comparaison avec d'autres perfumistas, ma collection de parfums n'est pas des plus impressionnantes, mais sur la quarantaine de flacons qui en font partie, si je ne devais en retenir que 10, et sans lesquels mon odorat serait triste et déserté, figureraient:


1- L'Heure Bleue de Guerlain
2- Coco de Chanel
3- Intrigant Patchouli de Parfumerie Générale
4- Habanita de Molinard
5- La Chasse aux Papillons, L'Artisan Parfumeur
6- Le N°5 de Chanel
7- Louanges Profanes de Parfumerie Générale
8- Shalimar de Guerlain
9- Féminité du Bois de Serge Lutens
10- La Violette de Berdoues

Allez hop!  J'en rajoute un 11 ème parce que c'est mon chiffre fétiche! Une mini-goutte de Poison de Dior! Et vous?

jeudi 29 mars 2012

La Petite Robe Noire de Guerlain.

Je me rise, tu te rises, elle cerise! Oh que oui! La petite Robe Noire de Guerlain est une affriolante friandise! Juteuse et craquante en tête (bergamote et fruits rouges), la petite cerise noire se pare d'une note réglisse satinée et s'encanaille d'une pointe d'amande sucrée. Une signature simple, modeste, facile! Destinée à une clientèle jeune et fashion, elle a tous les critères d'un parfum dans l'air du temps. Un fruit rouge, maquillé d'une touche de rose, noirci par la réglisse et saupoudré d'amande si douce et si...tendance! On prétend y retrouver, dans les notes de fond, la fameuse guerlinade qui a fait les heures de gloire de feue la grande maison Guerlain. Peut-être n'ai-je pas le nez suffisamment affûté, mais...de véritable guerlinade, je ne sens point la moindre trace. Allez, je ne vous cache pas que pour du sirop de fruits, celui-ci est fort plaisant. Un tantinet plus original que d'autres! Et pour tout vous dire, je le trouve même franchement joli! Mais que voulez-vous, j'aime tant les cerises! Souvenirs d'un paradis perdu... A mon nez, cette Petite Robe Noire, dont le saint patron est la «Géante d’Hedelfingen», n'a pas l’étoffe d'une héroïne: en ce sens qu'elle ne fait pas renaître la maison Guerlain de ses cendres! Mais elle a cet éclat de rire, frais, juvénile, un peu moqueur, qui lui confère charme et désinvolture. Je la croise déjà partout en ville autour de moi. Pour sûr, c'est une eau qui plait au peuple! Panem et Cerisum! ---
Les notes:
Tête: Bergamote, Cerise, Amande, Fruits Rouges
Coeur: Rose, Réglisse, Thé Noir, Feuilles de Lapsang
Fond: Feve Tonka, Vanille, Iris, Patchouli.

lundi 19 mars 2012

Ooohhhh....

Curieux? Si vous souhaitez en savoir d'avantage sur cette fabuleuse et prestigieuse fresque, avec une image sans faille: cliquez sur le lien ci-dessous!
vidéo making of Cartier- Cartier

dimanche 5 février 2012

Royal English Leather by Creed


Porté copieusement par un homme ou plus délicatement par une femme, peu m'importe, il m'est toujours délectable de respirer l'élégance de ce cuir intemporel.
Son ouverture développe une facette très épicée, de girofle principalement. Une girofle étonnamment aérienne, céleste. Une véritable envolée de poudre glacée de l'"épice-clou"! Cette sensation de légèreté, d’élévation, de finesse givrée est probablement due à la bergamote et à la mandarine qui confèrent leurs frais et vifs arômes à la girofle.
Puis la fraîche épice redescend de quelques dizaines de mètres pour se faire caressante. Arrondie, elle nous livre alors ses charmants secrets noués de cuir. Doucement s'installe la présence presque charnelle du jasmin qui nous confesse quelque accointance avec le sensuel ambre gris. La note cuir jumelée à un santal feutré s'introduit, moelleuse mais élancée, ailée. Elle perdure des heures, raffinée, souple.
Même si j'avoue apprécier la richesse baroque et orientale de Cuir Mauresque de Lutens, ainsi que celles plus doucereuses et peaux "claires" de Daim Blond ou Cuir de Lancôme, Royal English Leather de Creed a ma préférence en matière de parfums "cuirs". Il a cette élégance altière et cette permanente qualité aérienne. La noblesse de cette eau réside probablement dans la synthèse de ces caractères: Présence, hauteur, finesse, vivacité et douceur. Quelle harmonie!
J'ose espérer que les reformulations touchant à toute oeuvre parfumée depuis quelques années ne l'ont pas défiguré...
Vive le Roy...al English Leather! ;-)

Notes de tête: Mandarine, bergamote
Notes de coeur: Ambre gris
Notes de fond: Cuir et santal

mardi 27 décembre 2011

A propos de la Beauté


Ou plutôt des "choses de beauté". John KEATS (1795-1821), auteur évanescent et pondéré, poète accompli malgré une bien trop courte existence.
..Les mots libèrent de l'affliction et allègent l’hypersensibilité. Ne trouvez-vous pas?



Une chose de beauté est une joie pour toujours :
on ne cesse de l’aimer, jamais elle ne tombera dans le néant (…)

Et ce n’est pas simplement sentir les essences pour un bref moment;
non, comme les arbres qui murmurent autour du temple deviendront
vite aussi chers que le temple lui-même, ainsi la lune, la passion pour la poésie, infinies merveilles qui nous hantent et deviennent l’aimable lumière là, dans nos âmes, ô si vite reliées à nous qu’en plein soleil même elles brillent
et sous un soleil couvert et sombre :
elles sont, selon nos yeux, près de nous ou nous mourons !


Endymion I, 1-33 (extraits)

jeudi 8 décembre 2011

Portrait Of a Lady, Editions de parfums Frédéric Malle



Quel message m'envoie Portrait of a Lady? Certainement pas celui d'un parfum propre et lisse visant à "sentir bon" et puis, voilà tout! Pas non plus celui d'un gourmand, moelleux et confortable, qui pourrait inciter à la cajolerie et autres bicheries. Portrait of a Lady m'adresse un billet fascinant et lascif.
Ce n'est pas un croquis ébauché à la sanguine. Pas plus qu'un portrait mondain, un peu falot et pastel (qui pourrait être celui d'Isabel Archer.) Non. C'est une toile riche en pigments, lustrée et rubiconde. C'est un portrait qui expose le visage d'une belle alanguie aux lèvres de grenat, au regard ourlé de mystère. L'habile et volubile pinceau a caressé sa chair délicate semi-dévoilée, jusqu'à ses pieds.
Je suis troublée par cette rose affirmée, sensuelle mais sobre et retenue.
Dominique Ropion signe-là une pièce maîtresse en matière de roses dans l'univers du parfum. Si vous avez du goût pour l'odeur de la rose ténébreuse, un peu confite, charnelle et orientale, alors Portrait of a Lady pourrait bien vous assujettir à jamais...

notes de tête:
Cassis, Framboise, Rose Turque
notes de cœur:
Absolu Rose, Cannelle, Girofle, Encens
notes de fond:
Patchouli, Santal, Ambroxan, Muscs Blancs

samedi 26 novembre 2011

Diane, de Diane Von Furstenberg


Conversation saisie autour de deux tasses fumantes de thé:

- Alors Jeeks, tu l'as senti? Diane, de Diane Von Furstenberg!?

- Oui ça y est! C'est chose faite!

- Et alors?

- Et alors?...? Eh bien j'ai vraiment apprécié!

- Oui mais encore! Dis-m'en plus?!

- D'accord! J'ai en toute conscience choisi de ne le sentir et de ne le tester qu'en version Eau de Parfum. A la pulvérisation et pendant quelques minutes c'est une note fruitée de pêche fraîche et juteuse qui se livre à mon nez. C'est fusant, ça pétille, c'est vif, sans sucre ajouté!
Plus les minutes passent plus le fruit frais se met en sourdine pour laisser la place à une vibration fleurie et solaire, la fleur de frangipanier!

- Un fruit, une fleur de frangipanier, une impression tropicale alors?

- Oui et non parce que la note "pêche" que je sens n'est pas franchement tropicale et son osmose avec cette fleur solaire réduit cette sensation de "cocotiers-plages dorées"! Pour te donner un élément de comparaison, les premières notes fruitées passées, il me fait penser (de loin) à For Her de Narcisso Rodriguez. Mais attention! Il est moins gras, moins épais, moins étalé-dilaté! Il est plus subtil, plus fin, les notes sont plus "aiguisées".

- D'accord, parce que "For Her" a tendance à rapidement m'indisposer!

- Oui je te comprends, et je classe "For Her" volontiers aussi dans la catégorie des imposants! Non, dans le cas de Diane, les notes de tête et coeur restent comme contenues sagement, bridées avec tact.
Ensuite, apparaît la timide mais ô combien ravissante violette! Vêtue d'un musc léger, elle vole la vedette à la fleur solaire avec brio!
C'est un très joli parfum! Je l'ai trouvé fin, chic, sexy (à l'image des ravissantes robes-portefeuille de l'inspiratrice), et légèrement chypré par un patchouli et une myrrhe à peine perceptibles. Pour un peu, on pourrait presque penser qu'il s'agit d'un parfum lancé dans les années 70 avec en prime, ce petit "twist" de modernité qui fait son charme! Sa présence est forte et sa tenue très honorable en version eau de parfum.
Avec Diane, on sort nettement du carcan parfumé qu'on nous impose depuis une petite dizaine d'années! Et ça c'est franchement appréciable!

- Bon je fonce chez Sephotruc?

- Oui! Je t'enjoins vraiment à le sentir et pourquoi pas à l'adopter!

mardi 1 novembre 2011

HABANITA de Molinard


C'est simplement une évocation...Mon ressenti.


-A écouter ou "à vivre", Oblivion d'Astor Piazzolla -


Buenos Aires. Il pèse dans ce bouge sordide, une atmosphère moite, opaque et obscure. Cuir, sueur et fumée de cigares. Elle s'en moque car, il l'attend.
Elle entre, l'aperçoit et lui adresse un regard magnétique tandis qu'il la saisit fermement par la taille. Sur la plainte déchirante du bandonéon, ils se livrent alors à la lascivité mélancolique d'un tango de fin de nuit. Scellement de leurs regards, désir de leurs bouches qui taisent des milliers de mots. Pour un instant, un seul, le temps d'une danse, ils rompent chaînes et menottes, bâillonnent les colères qui ne leur appartiennent pas et se libèrent de ce maelstrom intérieur qui les habite.
De sa cheville fine, elle effleure la jambe de l'admirable, celui qui mène la danse. Elle suit son pas, s'en détourne, revient. Là, tout au bout d'un souffle, ils coulent tous deux lentement dans les bas-fonds de cette mélodie viscérale qui les aspire...

Elle sait que quand la dernière note de ce tango sera jouée, elle tournera les talons et entrera dans la lumière blafarde du jour....C'était un rêve, juste un rêve...Oblivion.



Notes de tête: Pêche, Bergamote, Fleur d'oranger, Framboise
Notes de cœur: Racine d'iris, Rose, Ylang-ylang, Héliotrope, Jasmin, Lilas
Notes de fond: Cèdre, Benjoin, Vanille, Mousse de chêne, Cuir, Ambre, Musc

vendredi 28 octobre 2011

TAG: 15 questions bizarres!

Damned! I'm Tagged...
A la demande de deux copines blogueuses (bizoos les filles!) , je réponds aux questions imposées par ce tag ...

1) Cite un surnom que seule ta famille utilise:
"Jeeks" (qui se prononce "Djiks")...et ce depuis que je sais compter jusqu'à 5...Une de mes tantes m'a surnommée ainsi et c'est resté...

2) Cite une habitude bizarre que tu as:
Chaque année je ramasse deux ou trois marrons qui m'interpellent (eh oui, les marrons ont une vie!) et je les garde des mois, dans la poche de mon manteau.

3) Est-ce que tu as des phobies étranges ?
Oui... (je m'en sors bien là, non?)

4) Quelle chanson aimes-tu en secret et sur laquelle tu adores t'égosiller quand tu es seule ?
Une aria de Zaide de Mozart : "Ruhe Sanft" et plein d'autres choses : Je fredonne ou chante tout le temps!

5) Quelle est ta bête noire ?
Scoop : Les grosses araignées ..."noires".

6) Cite une habitude que tu as quand tu es nerveuse
Étrangement, je deviens très calme, trop calme...

7) De quel côté du lit dors tu ?
Sous le lit! Nan...M'en fiche...Mais bon en ce moment c'est à droite.

8) Ta première peluche et son nom
Un gros nounours rose, borgne, sourd et amnésique nommé "Dédé"...Je l'aimais.

9) Quelle est la boisson que tu commandes toujours chez Starbucks ?
Ha ha! J'aimerais bien qu'il y ait un Starbucks à Trifouilly les Oies!

10) Quelle règle de beauté prêches-tu mais n'appliques jamais ?
Le gommage corps...pfff ça me barbe sévère! De temps en temps seulement.

11) Comment te mets-tu dans la douche ?
Ben ça c'est une question! Une vraie! Euh, en scaphandre, la tête en bas les pieds en haut...?pfff...

12) As-tu des capacités bizarres avec ton corps ?
??? Arf... Oui, je suis contorsionniste et je me gratte toujours l'oreille droite avec les orteils du pieds gauche! Re-Pfff...

13) Quelle est la nourriture qui est mauvaise pour toi mais que tu manges quand même pour te réconforter ?
Mauvaise? Rien n'est vraiment mauvais...Mais le repas qui me réconforte véritablement, c'est une bonne tarte flambée de mon Alsace natale...

14) Quelle phrase ou exclamation dis-tu souvent ?
" - Sans blague...??"

15) Au moment de dormir, que portes tu ?
Mes pensées...

jeudi 22 septembre 2011

Musk de Lorenzo Villoresi


Aaah Lorenzo Villoresi...Firenze...Italia!!!

Sa création, Musk, est je trouve, bien accordée à la plus célèbre de ses compositions, le fameux "Teint de Neige" . On y retrouve cette même note cotonneuse, extrêmement poudrée, au coeur de la composition; une vanille sûrement dans le cas de Musk (à la différence de la surdose d'heliotropine que l'on trouve dans "Teint de Neige".)
Les notes de tête m'évoquent une rose fraîche mais au caractère bien trempé. Ensuite une pointe d'épices vient chatouiller mes narines, et puis au fil des minutes un bois (timide dans ce jus) s'installe...Mais où donc se cache le musc? Aaah oui! Peut-être est-ce cette petit note pressing, lessivielle, que je perçois en background? Il s'agirait alors d'un musc blanc, tout propret.

Le tout est joli, immaculé, très poudré, (et sur ma peau une petite note aigrelette semble s'installer, dommage le parfum ne se réchauffe pas sur moi!). Néanmoins, ce nom "Musk" pourrait induire en erreur celui ou celle qui s'attend à un musc plus animal..

Il parait que le blondinet Brad Pitt (Eh non! Je ne "fonds" pas un seul instant pour ce bellâtre, suis-je la seule...?) porte ce parfum avec un plaisir toujours plus intense...
Grand bien lui fasse!
Bien que fort agréable et savamment construit par ce maître parfumeur florentin, pour moi ce parfum manque de profondeur,de dimension. Il reste en applat et cette rose archi-poudrée me fait songer à des vêtements très anciens sortis d'une antique malle, retrouvée dans la dernière pièce de l'aile droite du château.

Dans le style très poudré, et pour un monsieur, je crois préférer le très élégant Habit Rouge de Guerlain, ou encore cette poudre si fine que je perçois dans les notes de fond de Chanel Pour Monsieur.

Tête : Galbanum, Cardamome, Fleurs
Coeur: Géranium, Rose
Fond: Musk, Ambre, Santal, Mousse de chêne

samedi 10 septembre 2011

Ma réponse aux regards ahuris...

Lorsqu'il m'arrive d'évoquer au cours d'une discussion, mon inclination pour les parfums, on me regarde souvent avec un sourire entendu, un peu surpris : "Aah...? Les parfums?...Remarque c'est intéressant hein les parfums... Et puis il y en a tellement, qu'il y a toujours quelque chose à en dire!" Alors, avant de changer de sujet de conversation et d'opter pour un propos plus "convenu", je rentre en moi-même quelques secondes et je me demande si on me perçoit comme une "originale", une "douce rêveuse", pas très aux prises avec la réalité.
En fait tout s'explique: A mon sens les parfums "exhalent" mais surtout "expriment" et comme pour moi il s'agit d'une forme de langage, j'essaye de le déchiffrer et de comprendre.

Il m'apparaît que les parfums que nous choisissons (ou que nous ne choisissons pas, préférant nos propres odeurs corporelles!) en disent plus long sur notre personnalité et sur la phase de vie que nous traversons, que notre façon de nous vêtir, nos attitudes, nos fards et autres accessoires.
Les parfums véhiculent des émotions que nous ressentons parfois lorsque nous nous approchons d'une personne, ou lorsque nous ouvrons un flacon. Ils peuvent procurer les plus exquises sensations mais aussi susciter les plus vives répugnances! Transmettre une forme d'allégresse ou encore d'amère douleur... Souvent de l'indifférence aussi!
Il me semble aussi que comme toute sélection, celle du parfum relève de l'inconscient. Ici, nos choix et goûts naissent des profondeurs de notre mémoire olfactive.
Lorsque nous élisons une senteur (que ce soit pour un jour ou pour la vie) nous optons pour une immense bouffée de ce que nous sommes, de ce que nous vivons, de ce à quoi nous aspirons!
Les parfums sont une vivante expression (voire une projection!) de ce que nous aimerions être.
La façon dont nous les portons aussi (discrètement ou de manière envahissante) est tout à fait éloquente!
Il y a dans les parfums, une portée, des notes, qui fredonnent un air qui nous touche et nous ressemble.
Et puis enfin, il y a le plaisir qu'ils procurent, la gestuelle, les flacons, la touche finale, la poésie des sens, les images qu'ils suscitent dans notre mémoire ou dans notre imaginaire...
On porte un parfum pour se "sentir mieux". Dans tous les sens du terme.

Voilà tout ce qui me donne parfois envie d'embrasser cet univers qui semble farfelu à 98 pourcent des gens que je rencontre ou fréquente et qui pourtant aiment "sentir bon" mais qui ne réalisent pas à quel point leurs choix sont significatifs.
Fascinant le monde des fragrances et pas si fantasmagorique ou inutile que cela dans le fond...

dimanche 4 septembre 2011

Intrigant Patchouli, Parfumerie Générale.

Oui je sais, ce post a déjà existé, mais par erreur il fut supprimé et on m'a contactée à plusieurs reprises pour que je le remette en ligne. Donc voilà qui est fait! ;-)


Bon! Voilà plusieurs jours que je tourne autour de mon bureau et de mon écran. Que je pose mes doigts sur le clavier nerveusement. Que je fais craquer mes articulations en marmonnant des syllabes à peine compréhensibles. Que je fais marche-arrière, que je reviens.
Mais ça y est, c'est décidé, aujourd'hui j'écris.

Je croyais être arrivée au bout de mes désirs et mes découvertes parfumées! Que nenni!
Ce n'est pas la première ni la dernière fois que mes convictions sont bousculées, jetées par dessus les moulins!
Qu'à cela ne tienne! J'aime les remises en question, les retours en arrière ne m'effrayent pas!
Alors...Me revoilà, pour une petite bafouille du jour!

J'ai découvert il y a peu, une maison dont j'avais souvent entendu chuchoter sous cape. Hélas, la distance certaine qui me sépare de parfumeries dites "de niche" m'avait quelque peu écartée de ce nouveau sentier.

Parfumerie Générale: Jusqu'à ce que j'y fourre mon nez-curieux, mon esprit-moqueur associait cette maison à une vague enseigne de type "drugstore 24H/24."
Et puis...et puis, j'ai mis mon nez dans les effluves d'Intrigant Patchouli, N°08 de la Collection de Pierre Guillaume.

Psst, approchez : (-Pierre Guillaume, c'est le créateur et le nez de la marque Parfumerie Générale comme ses initiales l'indiquent, et à en juger ce que j'en ai lu sur le net et vu sur Youtube, il s'agirait d'un jeune homme hyper créatif et vraiment très doué! De bonne augure tout cela! Mais voyons un peu ce qu'il a dans le ventre en ce qui concerne le patchouli. N'est-ce pas? Bon!)


Ce n'est pas un scoop, le patchouli est une matière que j'apprécie particulièrement.
Ici, dans Intrigant Patchouli le moins que l'on puisse dire c'est qu'on est surpris! On s'attend en effet à respirer : Un patchouli, un boisé, "intrigant..." oui, pourquoi pas!


Or dés les premiers instants, l'air amusé, il me propose un verre d'alcool ambré, épicé, doré, étincelant de cannelle et d'autres épices que j'identifie mal, déjà à moitié ivre et par dessus tout ...charmée.

Je résiste, recule un peu, me ressaisis et bredouille un rien dubitative: "Mais alors, ce patchouli? Il arrive...?"

- "Attends un peu, Jeeks..." susurre ce dernier. Il fait le tour de ma personne, se plante devant moi et me fixe avec des yeux de panthère. Il m'hypnotise et me caresse de ces notes de fourrure chaude et épaisse. Gloups. (Vous l'aurez compris je sens une pointe d'animalité dans le jus). Civette, ambre gris. Mais quel équilibre!

- "Oui, non, enfin, parce que là je... euh..." lui réponds-je un peu mal à l'aise, tentant d'occulter le trouble certain qu'il crée en moi.

- "Là, j'arrive..." murmure t'il alors en se serrant tout contre moi.

((Mamaaaaaan!! Aide-moiiii!!! Maman, s'il te plait, parle-moi encore de la cuillère à soupe en bois qui tourne et tourne lentement dans la casserole pleine de velouté de Lié-big! ÔÔÔÔMMMMM mani padme hum !))

Je vous passe les détails de la suite, mais sachez que je sais rester digne et ma conduite demeure plus qu'honorable ;o)

Disons-le tout de go, ce patchouli a un départ fusant fruité/épicé, puis il se pare de fourrure douce et chaude, animale. Il est brillant. Son cœur est si vibrant, si palpitant, son fond est ambré et délicatement poudré ( santal, vanille et benjoin...)

Bon ok-ok, je suis raide-dingue de lui!

...Et lui de moi! Hé hé ! Mais oui! Vous en doutiez? Et bien sachez que nous sommes FLPL: "faits l'un pour l'autre" ! Il est Intrigant ascendant Patchouli et moi Je-suis-Celle-qu'il-Attendait ascendant on-va-faire-de-grandes choses-ensemble!


Bon avouons-le, ce Pierre Guillaume a du talent (ce que je me suis auto-confirmée à Milan lors d'une promenade parfumée Via Brera en humant d'autres de ses compositions)! C'est clair! Me mettre dans de tels états n'est pas donné à tous les créateurs d'effluves!
Ca faisait si longtemps que ça ne m'était pas arrivé ;o)

Vous l'aurez peut-être remarqué, je ne me suis pas lancée dans des explications très détaillées sur Intrigant Patchouli. Normal, je garde quelques-uns de ces plus brûlants secrets pour moi toute seule...